Journal de bord de quatre aventuriers en Arménie

Récit de Sophie, Gwladys, Sassoun et Totoro

Voyage des émissaires en Arménie 2017 - SCRIBE-Paris

Dimanche 30 juillet 2017 : où nous arrivons en terre inconnue

Et nous voilà partis ! Qui nous ? les aventuriers scribouillards de cette année bien sûr ! Tous les quatre, nous sommes prêts à vivre de grandes aventures … avec comme mission ultime de remettre les bourses en mains propres à nos étudiants. Le challenge est lancé …

Pour nous mettre dans le bain avant notre départ pour l’Artsakh (ex-Haut Karabagh), nous avons quatre jours pour arpenter l’Arménie, comprendre sa population et bien sûr goûter sa cuisine.

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Dès le premier soir, petit tour dans Erevan où nous découvrons la magnifique cathédrale de Saint-Grégoire l’Illuminateur

Lundi 31 juillet : où nous faisons notre première incursion en dehors de Erevan, à nos risques et périls

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Khor Virap, vue sur Mont Ararat

Aujourd’hui c’était l’impressionnant monastère d’Echmiadzin, puis Khor Virap, où on a eu une vue brouillée du Mont Ararat (si si il est là je vous assure !) et où on a mis nos vies en péril pour descendre dans le gouffre de Saint Grégoire et enfin un peu de piscine car tout de même … il fait 40 degrés !

Heureusement, pour nous rafraîchir, nos hôtes nous gardent toujours au frais … de la pastèque et du melon. Slurp !

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Mardi 1er août : où l’on se noie dans le bleu du ciel et du lac Sevan

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A 1600 mètres d’altitude, se trouve le sublime lac Sevan, qui nous a ébloui par sa beauté (et ravi par la fraîcheur de ses eaux !).

Après avoir arpenté encore des monastères du Nord ainsi qu’une station du ski, on termine épuisés … et bien rouges (comment ça, on n’avait pas mis de crème solaire ??? mais si mais si !)

Mercredi 2 août – où l’on visite Garni et Gherard, le duo incontournable !

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Totoro sur fonds de vallée derrière Garni

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Garni

Aujourd’hui, Totoro vous raconte : « J’étais fin prêt pour une grande journée, j’ai d’abord posé devant les très beaux paysages du temple de Garni, puis me suis converti au monastère de Gherard avant de me cacher dans ses grottes … J’ai dû rester caché au musée d’histoire d’Arménie malheureusement, ils n’aimaient pas les animaux …

Et puis il faisait très chaud alors j’ai beaucoup bu aux fontaines de la Ville.. Mais pas que de l’eau ! (c’est bon le cognac d’Ararat !).

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Enfin j’ai profité du spectacle son et lumières magnifique sur la place de la République, c’était trop cool ! »

Jeudi 3 août : où nous arpentons une dernière fois Erevan

Aujourd’hui c’est notre dernier jour en Arménie avant le départ pour l’Artaskh : nous en profitons.

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Voyage des émissaires en Arménie 2017 - SCRIBE-Paris Voyage des émissaires en Arménie 2017 - SCRIBE-Paris

Aujourd’hui, on est d’abord partis à l’aventure en prenant le bus. Ça peut paraître dérisoire.. sauf si vous prenez en compte que tous les arrêts sont écrits en arménien et qu’il n’y a pas d’horaires ni de plan… mais on a réussi ! Tout ça pour rejoindre vaillamment le Matenadaran, magnifique musée des manuscrits de Erevan ! Et au fait savez-vous ce que ce nom signifie ? Eh bien, Bibliothèque bien sûr !

Après le musée, nous avons grimpé courageusement (sachant que le thermomètre indiquait 45 degrés !) jusqu’à la forteresse d’Erebouni, au-dessus de Erevan. Totoro a même trouvé l’indication que la ville est plus ancienne que Rome …

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Demain, cap sur Artsakh !

Vendredi 4 août : où l’on fait plusieurs escales sur la route de l’Artsakh

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Vallée de Tatev

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Monastère de Tatev

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Aux portes de l’Artsakh

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Premiers paysages de l’Artsakh

Fin de parcours en Arménie : on entre de plein pied en Artsakh ! Des paysages à couper le souffle, et des virages à n’en plus finir… mais on a même pas été malades !

Hier soir, première rencontre avec Nelly notre correspondante en Artsakh et Ania une de nos étudiantes. On en a profité pour apprendre quelques rudiments de l’alphabet arménien.

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Samedi 5 août : où l’on remplit triomphalement notre mission de remettre les bourses (ben oui, quand même c’est pour ça qu’on était là !)

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Centre francophone Charles Aznavour

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10 Avec les étudiants devant Papik et Tavik

Aujourd’hui c’était le jour J. La remise des bourses a eu lieu ce matin, au centre culturel Charles Aznavour. Ce fut une belle journée d’échange, de sourires et de gestes pour se faire comprendre. Monastère de Gandzasar et pique-nique, une belle journée !

Dimanche 6 août : où l’on découvre les falaises de Shushi

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Eglise de Shushi

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Des falaises et des grottes

Dernier journée idyllique en Artsakh : d’abord l’église de Shushi puis un musée géologique et enfin un pique-nique au bord de magnifiques falaises où on nous a même offert du thé. L’hospitalité et la gentillesse arméniennes ne connaissent pas de limites…

Lundi 7 août : où nous rentrons à Erevan

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Sur la route

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La magnifique et nouvelle route du Nord

Aujourd’hui c’était retour à Erevan par la magnifique et nouvelle (pas encore terminée !) route du Nord, arrêt dans une piscine (44 degrés extérieur…) et fin de la journée par la visite de l’usine de cognac arménien… c’est typique, on ne pouvait pas y couper bien sûr ! 😀

Voyage des émissaires en Arménie 2017 - SCRIBE-Paris

Et à notre retour à la maison, du cognac nous attendait encore…

Mardi 8 août : où nous rentrons tristement en France…

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Fin de nos aventures… Les quatre explorateurs sont rentrés dans leurs pénates, pas mécontents cependant de perdre une vingtaine de degrés entre Erevan et Paris.

L’Arménie c’est fini pour cette année … mais on ne l’oubliera pas de sitôt !

Récit d’un voyage inoubliable

Récit d’Hermine Damamme et Quentin Marchal, émissaires 2016.

On dit souvent que l’on oublie beaucoup de choses avec le temps. Je regarde le calendrier et je me rends compte que nous sommes déjà en octobre. Plusieurs semaines se sont écoulées depuis notre retour d’Arménie, mais le temps ne semble pas avoir eu de prise sur ce séjour, que nous ne pouvons qualifier que d’inoubliable…

23 août, 14 heures : ça y est, l’heure du grand départ a enfin sonné pour moi ! Plusieurs heures de vol sont nécessaires pour atteindre la capitale, Erevan. Nous n’y avons encore jamais mis les pieds mais nous avons l’impression de déjà connaître ce pays, tellement nous en avons entendu parler à Scribe, par les anciens émissaires, notamment. L’impression d’être chez nous, en arrivant, se confirmera avec ce que nous allions vivre.

L’accueil à l’aéroport est à l’image de ce que nous réservera notre séjour : sourire, chaleur humaine et une envie insatiable de rendre service. Tatevik, une étudiante avec qui l’association est en contact depuis des années, m’attend avec un grand sourire, pour me conduire chez notre famille d’accueil, notre « famille arménienne », débordante, elle aussi, de générosité.

Dès le lendemain, je fais ce que tout nouvel arrivant à Erevan se doit de faire : la visite du centre avec la Place de la République et sa sublime fontaine, celle qui orne la plupart des premières de couverture des guides touristiques du pays, l’artère principale « Northern avenue », l’Opéra, des musées comme celui des Manuscrits ou encore des monuments comme Kaskad, un immense site dénivelé recelant des trésors d’art contemporain. Et une halte, de temps à autre, au « Café de France » – où l’on me gratifiait d’un « bonjour » en français !

J’ai également eu l’occasion, les jours suivants, de visiter les abords de la capitale, comme Garni et Gerhard, deux villes témoignant du passé antique et médiéval du pays . L’ambiance qui règne dans la ville le jour est aussi animée que le soir : sur la Place de la République à partir de 19 heures, les habitants d’Erevan commencent à se réunir en attendant les fontaines musicales.

Le 26 août, Hermine est arrivée et a été aussi bien accueillie que moi. Dès le lendemain matin, nous voici dans le bus direction… Le Haut-Karabagh ! Après 8 heures de trajet, nous arrivons à la gare de Stepanakert où nous attend Nelly, notre correspondante francophone qui coordonne les relations avec les boursiers. Elle nous a présenté Armen, notre adorable hôte de Stepanakert. Notre accueil a été, tout simplement… exceptionnel ! Grâce à Nelly, Armen et une étudiante du SPFA, Anoush, nous avons eu la chance de visiter des lieux magnifiques et insolites autour de la capitale, comme le « Parapluie » du Hanuot Canyon, une voûte incurvée couverte de mousse en forme de parapluie, de sublimes paysages montagneux et de très vieilles et très belle églises, comme à Chuchi.

Le "Parapluie"

Le 7ème jour de notre voyage a été marqué par cet événement que nous avions préparé pendant toute l’année : la remise des bourses et la rencontre avec les étudiants. Quel trac nous avions ! Nous allions enfin voir et faire partager avec les membres de l’association toutes ces semaines de travail, d’investissement, mais surtout de plaisir, de la part des membres de l’association et de ses sympathisants.

La remise des bourses a eu lieu au Club Francophone dédié, bien sûr, à Charles Aznavour !

Le Club Francophone dédié à Charles Aznavour

Les étudiants sont venus un à un récupérer la bourse qui allait leur permettre de faire leur année d’études, avec un regard timide, accompagné d’un sourire reconnaissant. Nous avons pris quelques photos avec eux et une étudiante nous a même offert un petit souvenir : un bracelet en perles, qu’elle avait fait elle-même, avec les couleurs du drapeau du Haut-Karabagh. C’était un moment extrêmement fort et important pour nous.

Quentin et Hermine préparent les bourses

Après la remise des bourses

Les bracelets aux couleurs du Haut-Karabagh

La journée s’est poursuivie avec une visite au monastère de Gandzassar – datant du XIIIème siècle ! – où nous avons pique-niqué.

Les boursiers à Gandzassar

Quelques photos prises tous ensemble et l’animation du gardien du site faisant des acrobaties sur un cheval, ont permis aux étudiants de mettre de côté leur timidité et de nous poser des questions sur notre projet, sur la pièce que nous avions jouée cette année… Ils étaient curieux de savoir comment était la vie à Paris, ville où ils rêvaient d’aller. Nous leur avons bien sûr dit qu’ils étaient les bienvenus ! Notre journée s’est achevée par d’ultimes photos de groupe prises devant les statues de Tatik et Papik (littéralement, « grand-père » et « grand-mère » en arménien), symboles de la famille. C’est là que nous avons quitté, le coeur gros, les étudiants pour rentrer le lendemain à Erevan.

Pour nos deux derniers (snif !) jours en Arménie, nous avons fait une excursion au fameux lac Sevan, offrant des panoramas magnifiques et quelques ballades en ville, au marché du « Vernissage », dans des parcs, comme celui des amoureux… Nous avons bien profité de ces derniers moments avant de nous faire à l’idée qu’il était l’heure de rentrer.

Le lac Sevan

Le 2 septembre, 25 ans de l’indépendance du Haut-Karabagh, nous étions de retour à Paris, la tête et les valises et pleines de souvenirs.

Nous tenons à remercier l’Église protestante de Port Royal Quartier latin pour son soutien ainsi que la Solidarité Protestante France-Arménie.

Merci à l’association SCRIBE-Paris qui nous a permis de vivre une expérience si belle et si enrichissante.

Enfin, merci à tous les sympathisants de SCRIBE-Paris et à tous les donateurs qui ont contribué à rendre ce projet réalisable et à apporter un peu de bonheur au peuple du Haut-Karabagh.

Sur le départ