Etre comédien à SCRIBE-Paris, c’est quoi ?

Récit de Tatiana, comédienne à SCRIBE-Paris depuis 5 ans.

Nombreux sont ceux qui nous voient sur scène et qui se disent : « Moi aussi, j’ai envie de jouer avec cette association ». (J’ai envie de dire, normal : nous jouons tellement bien, nous avons tellement la pêche et nous sommes modestes, de surcroît.) D’ailleurs, chaque année, nous recrutons des comédiens en herbe qui intègrent notre troupe après nous avoir vu faire mumuse sur scène.

Mais au fait, vous vous demandez sûrement… être comédien à SCRIBE, c’est quoi ?

C’est d’abord un engagement…

Jouer à SCRIBE, c’est une décision qui ne se prend pas à la légère. Car même si nous sommes et nous resterons des amateurs, nous sommes soucieux de montrer un spectacle de qualité à notre public. Il y a une personne connue dont je ne me souviens plus le nom (de toute façon, il y a différentes versions…) qui a dit : « Le succès, c’est 20% d’inspiration et 80% de transpiration. » Et cette phrase, nous y croyons dur comme fer, à SCRIBE.

Non, nous ne recrutons pas les comédiens d’après leur talent ou leur expérience – ce n’est pas l’esprit Scribouillard. Souvent, des personnes arrivent après avoir seulement fait du théâtre à l’école ou l’université (ce qui était mon cas), ou alors sans même en avoir fait du tout. Pour nous, peu importe. Un comédien doit avant tout être motivé. Etre comédien à SCRIBE, c’est une répétition tous les mardis soirs entre octobre et avril, 4 week-ends de répétitions et 5 week-ends de représentation. Quand on décide de jouer à SCRIBE, on accepte que le théâtre devient notre principale activité extra-professionnelle.

Les amies d'Elsa et Lancelot

Il faut comprendre que le désengagement d’une seule personne pénalise facilement les autres… Quand on s’inscrit à la salle de sport et qu’on n’y va pas (le genre de chose que je pourrais très bien faire, sauf que je ne m’inscris jamais à la salle de sport), ça nous regarde, on perd de l’argent et on est en moins bonne forme physique, mais personne n’est pénalisé, à part nous-mêmes. Ce n’est pas le cas du théâtre. Quand nous répétons une scène et qu’un des acteurs est absent, c’est chaque acteur de cette scène qui est pénalisé !

Même si on n’a pas prévu de jouer tel ou tel soir, notre présence est quand même nécessaire, car il y a toujours quelque chose à faire : aider aux décors, gérer de la paperasse administrative, ou tout simplement, observer la scène qui se joue et donner son point de vue aux metteurs en scène. Un regard extérieur est toujours utile !

Photo du filage de l'Invitation au Château, par SCRIBE-Paris

…qui devient vite un privilège

Je ne vous ai pas encore trop dégoûtés ? ça va ?

Tout n’est pas noir dans la vie d’un comédien à SCRIBE… encore heureux, sinon on ne serait pas aussi nombreux à vouloir jouer chaque année ! Car les comédiens se bousculent, beaucoup ont envie de jouer, et nous essayons toujours de nous adapter aux envies de chacun. Ma première année à SCRIBE, nous avions joué 8 Femmes, et comme son nom l’indique, nous étions huit sur scène (nous n’étions cependant pas que des femmes, mais c’est un autre débat). C’est très rare d’être aussi peu à vouloir jouer. Pour comparaison, cette année, nous jouons Le Roi Nu et nous sommes quinze !

Photo d'une répétition de la pièce 8 Femmes

Pourquoi sommes-nous tous prêts à nous investir ainsi ?

Etre comédien à SCRIBE, c’est un triple privilège. Premièrement, le privilège de passer un peu de temps avec l’association. Chaque année, il y a une très bonne ambiance au sein du groupe. Jamais je ne suis allée à reculons à une répétition ! (Bon, à part quand il faut mettre son réveil à 11h pour être à l’heure aux répétitions du dimanche, mais la plupart des gens n’ont pas une nature profonde aussi proche de la marmotte.) C’est toujours un moment de partage, de rires, de complicité entre nous. Le samedi soir des week-ends de répétition, nous faisons toujours une activité tous ensemble pour nous aider à décompresser : une soirée jeux, un dîner, une pièce de théâtre, un laser game, que sais-je d’autre encore…

Deuxièmement, le privilège de donner un peu de plaisir à notre public. Sentir que le public a apprécié la pièce interprétée, qu’il applaudit notre jeu, qu’il a passé un bon moment, c’est un vrai bonheur pour nous. Je me suis souvent entendu dire que le public était un acteur à part entière de la pièce. Quand nous sentons que le public est réceptif, qu’il rit, qu’il applaudit, nous sommes portés par son enthousiasme et nous devenons de meilleurs comédiens.

Photo de la pièce "La Nuit de Valognes"

Troisièmement – et là c’est un privilège qui est spécifique à SCRIBE uniquement – le privilège de procurer un peu de soleil aux étudiants du Haut-Karabagh. Nous relativisons nos propres problèmes, et nous nous rendons compte que nous changeons leur vie.

S’amuser dans le but d’améliorer la vie d’autres personnes… peut-on vraiment rêver d’un meilleur passe-temps ?

Qui sont les nouveaux 2016-2017 ?

En 2016, deux valeureuses jeunes filles ont rejoint les troupes de SCRIBE-Paris. Qui sont-elles ?

Elsa

Photo Elsa Scribe

Comment j’ai connu SCRIBE ? Par Michael qui est l’ami d’un ami

Michael a interprété le rôle du petit garçon dans la pièce Le Dragon et a beaucoup marqué les esprits par sa bonne humeur 🙂

Quel est mon rôle à SCRIBE ? Intendante, faire les coiffures

Si j’étais un animal, je serais… un dauphin (la mer, la liberté, le voyage…)

Jehanne

Photo Jehanne SCRIBE

Comment j’ai connu SCRIBE ? par Sophie, qui recherchait quelqu’un pour l’aider à mettre en scène la nouvelle pièce de SCRIBE

Quel est mon rôle à SCRIBE ? Metteur en scène/responsable pôle art… et petite main quand il y a besoin

Si j’étais un animal, je serais… une cigogne (un chat c’est trop banal)… cet oiseau est fidèle, courageux, assez fier… il me plaît !! Le plus beau paysage selon moi : un champ de cigognes ! (ça ne se trouve pas en Alsace mais en Pologne, en Lituanie, …) Par contre je suis contre l’image de la cigogne qui apporte des petits bébés car… j’aime pas les bébés! 😉

Annonce : SCRIBE-Paris recherche un graphiste !

Crayons de couleur

Avis à tous les pros de Photoshop, Illustrator et autres. 🙂

SCRIBE-Paris recherche un graphiste pour la réalisation de l’affiche de notre pièce de cette année : Le Roi Nu, d’Evgueni Schwartz.

Rémunération : les sourires des jeunes étudiants du Haut-Karabagh dont vous contribuerez à financer les études. Croyez-moi, cela n’a pas de prix. (Nous rappelons qu’à SCRIBE, personne n’est rémunéré, et nous tenons à respecter cette règle.) Vous aurez également, si vous le souhaitez, une mention de votre nom sur notre site Internet.

Connaissances nécessaires : pas besoin de nous prouver que vous avez suivi telle ou telle formation ou que vous avez travaillé pour telle ou telle entreprise. Chacun a sa chance à SCRIBE-Paris. Si vous pouvez nous montrer une ou deux réalisations, ce sera un plus. Le logiciel sur lequel vous aimez travailler n’a aucune importance du moment que vous êtes à l’aise avec.

Nous laissons libre cours à votre créativité. Il s’agira simplement de respecter la direction artistique suivie par les metteurs en scène, le pôle costumes et le pôle décors.

Vous êtes intéressé ? Contactez-nous ! Nous sommes également à votre disposition sur Facebook et Twitter. L’idéal serait de pouvoir passer rencontrer les membres de l’association un mardi soir après une première prise de contact. Rassurez-vous, nous n’avons pas l’habitude de mordre ! (ou alors, il faut vraiment nous provoquer…)

Vous connaissez un graphiste en herbe qui serait intéressé ? Pensez à faire tourner cette information dans votre réseau. 🙂

Et la nouvelle pièce de SCRIBE-Paris sera…

Le 12 octobre 2016, la pièce de SCRIBE-Paris pour le cru 2016/2017 a été choisie.

Roulements de tambour…

Il s’agit d’une pièce appelée Le Roi Nu, écrite en 1934 par l’auteur russe Evgueni Schwartz. Cette pièce a été inspirée par trois contes d’Hans Christian Andersen: « Les habits neufs de l’empereur », « Le porcher » et « La princesse au petit pois ».

L’intringue? Le porcher Henri et la princesse Henriette sont fous amoureux l’un de l’autre. Cependant, le roi-père ne l’entend pas de cet avis: il envoie Henriette épouser le tyrannique roi du royaume voisin. Henri va alors élaborer une ruse pour sauver sa bien-aimée…

Un bouffon

Cette pièce séduira un public de tous les âges. Les plus jeunes y verront leurs personnages de contes préférés et s’amuseront devant des personnages déjantés, parfois malins, parfois stupides. Les adultes, quant à eux, réfléchiront à la critique sociale qui s’échappe d’entre les répliques, et au contexte dans lequel cette pièce a été rédigée…

A ne surtout pas manquer. Première le 1er avril 2017 ! (et ce n’est pas un poisson…)

Récit d’un voyage inoubliable

Récit d’Hermine Damamme et Quentin Marchal, émissaires 2016.

On dit souvent que l’on oublie beaucoup de choses avec le temps. Je regarde le calendrier et je me rends compte que nous sommes déjà en octobre. Plusieurs semaines se sont écoulées depuis notre retour d’Arménie, mais le temps ne semble pas avoir eu de prise sur ce séjour, que nous ne pouvons qualifier que d’inoubliable…

23 août, 14 heures : ça y est, l’heure du grand départ a enfin sonné pour moi ! Plusieurs heures de vol sont nécessaires pour atteindre la capitale, Erevan. Nous n’y avons encore jamais mis les pieds mais nous avons l’impression de déjà connaître ce pays, tellement nous en avons entendu parler à Scribe, par les anciens émissaires, notamment. L’impression d’être chez nous, en arrivant, se confirmera avec ce que nous allions vivre.

L’accueil à l’aéroport est à l’image de ce que nous réservera notre séjour : sourire, chaleur humaine et une envie insatiable de rendre service. Tatevik, une étudiante avec qui l’association est en contact depuis des années, m’attend avec un grand sourire, pour me conduire chez notre famille d’accueil, notre « famille arménienne », débordante, elle aussi, de générosité.

Dès le lendemain, je fais ce que tout nouvel arrivant à Erevan se doit de faire : la visite du centre avec la Place de la République et sa sublime fontaine, celle qui orne la plupart des premières de couverture des guides touristiques du pays, l’artère principale « Northern avenue », l’Opéra, des musées comme celui des Manuscrits ou encore des monuments comme Kaskad, un immense site dénivelé recelant des trésors d’art contemporain. Et une halte, de temps à autre, au « Café de France » – où l’on me gratifiait d’un « bonjour » en français !

J’ai également eu l’occasion, les jours suivants, de visiter les abords de la capitale, comme Garni et Gerhard, deux villes témoignant du passé antique et médiéval du pays . L’ambiance qui règne dans la ville le jour est aussi animée que le soir : sur la Place de la République à partir de 19 heures, les habitants d’Erevan commencent à se réunir en attendant les fontaines musicales.

Le 26 août, Hermine est arrivée et a été aussi bien accueillie que moi. Dès le lendemain matin, nous voici dans le bus direction… Le Haut-Karabagh ! Après 8 heures de trajet, nous arrivons à la gare de Stepanakert où nous attend Nelly, notre correspondante francophone qui coordonne les relations avec les boursiers. Elle nous a présenté Armen, notre adorable hôte de Stepanakert. Notre accueil a été, tout simplement… exceptionnel ! Grâce à Nelly, Armen et une étudiante du SPFA, Anoush, nous avons eu la chance de visiter des lieux magnifiques et insolites autour de la capitale, comme le « Parapluie » du Hanuot Canyon, une voûte incurvée couverte de mousse en forme de parapluie, de sublimes paysages montagneux et de très vieilles et très belle églises, comme à Chuchi.

Le "Parapluie"

Le 7ème jour de notre voyage a été marqué par cet événement que nous avions préparé pendant toute l’année : la remise des bourses et la rencontre avec les étudiants. Quel trac nous avions ! Nous allions enfin voir et faire partager avec les membres de l’association toutes ces semaines de travail, d’investissement, mais surtout de plaisir, de la part des membres de l’association et de ses sympathisants.

La remise des bourses a eu lieu au Club Francophone dédié, bien sûr, à Charles Aznavour !

Le Club Francophone dédié à Charles Aznavour

Les étudiants sont venus un à un récupérer la bourse qui allait leur permettre de faire leur année d’études, avec un regard timide, accompagné d’un sourire reconnaissant. Nous avons pris quelques photos avec eux et une étudiante nous a même offert un petit souvenir : un bracelet en perles, qu’elle avait fait elle-même, avec les couleurs du drapeau du Haut-Karabagh. C’était un moment extrêmement fort et important pour nous.

Quentin et Hermine préparent les bourses

Après la remise des bourses

Les bracelets aux couleurs du Haut-Karabagh

La journée s’est poursuivie avec une visite au monastère de Gandzassar – datant du XIIIème siècle ! – où nous avons pique-niqué.

Les boursiers à Gandzassar

Quelques photos prises tous ensemble et l’animation du gardien du site faisant des acrobaties sur un cheval, ont permis aux étudiants de mettre de côté leur timidité et de nous poser des questions sur notre projet, sur la pièce que nous avions jouée cette année… Ils étaient curieux de savoir comment était la vie à Paris, ville où ils rêvaient d’aller. Nous leur avons bien sûr dit qu’ils étaient les bienvenus ! Notre journée s’est achevée par d’ultimes photos de groupe prises devant les statues de Tatik et Papik (littéralement, « grand-père » et « grand-mère » en arménien), symboles de la famille. C’est là que nous avons quitté, le coeur gros, les étudiants pour rentrer le lendemain à Erevan.

Pour nos deux derniers (snif !) jours en Arménie, nous avons fait une excursion au fameux lac Sevan, offrant des panoramas magnifiques et quelques ballades en ville, au marché du « Vernissage », dans des parcs, comme celui des amoureux… Nous avons bien profité de ces derniers moments avant de nous faire à l’idée qu’il était l’heure de rentrer.

Le lac Sevan

Le 2 septembre, 25 ans de l’indépendance du Haut-Karabagh, nous étions de retour à Paris, la tête et les valises et pleines de souvenirs.

Nous tenons à remercier l’Église protestante de Port Royal Quartier latin pour son soutien ainsi que la Solidarité Protestante France-Arménie.

Merci à l’association SCRIBE-Paris qui nous a permis de vivre une expérience si belle et si enrichissante.

Enfin, merci à tous les sympathisants de SCRIBE-Paris et à tous les donateurs qui ont contribué à rendre ce projet réalisable et à apporter un peu de bonheur au peuple du Haut-Karabagh.

Sur le départ