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Haut-Karabagh |
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Le
Haut-Karabagh présenté en quelques 2500 mots par Hovhannes
Guevorkian, son représentant en France |
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Tout
d'abord, permettez moi de remercier chaleureusement les organisateurs
ou plutôt l'organisatrice de cette manifestation, le pasteur Corinne
Danielian, pour m'avoir donné la possibilité de m'exprimer
devant un tel auditoire. Je suis flatté de votre accueil, tout
comme j'apprécie hautement l'intérêt que continue
de susciter la question du Haut Karabagh, preuve s'il le fallait, que
le destin de l'Artsakh préoccupe tous les amis de notre peuple. ![]() Comme vous l'avez remarqué, j'ai utilisé les noms Haut Karabagh et Artsakh dans ma phrase précédente. Artsakh c'est le nom arménien du Haut Karabagh. Vous avez entendu parler, certainement, aussi du Nagorno Karabagh. Ces trois noms sont donnés à un bout de territoire d'environ 4500 km², avec une population arménienne de 145.000 habitants et qui se trouve au Caucase du Sud, entre l'Arménie, L'Iran et l'Azerbaidjan. Le nom Nagorno Karabagh reflète parfaitement l'histoire de mon pays. Le nom perse Karabagh qui signifie «jardin noir » a été donné à l'Artsakh au XVIII siècle à cause de sa terre fertile (jardin), ainsi que lourdes pertes qu'on connue les envahisseurs perses dans cette région (noir). Plus tard, sous la domination russe au XIXe siècle, le nom Karabagh se complète avec l'épithète russe Nagorny, signifiant « montagneux ». Ainsi, au cours de l'histoire, le territoire du Karabagh toujours considéré par les puissances limitrophes comme un point stratégique pour établir leur hégémonie en Transcaucasie a passé d'une main à l'autre. La Perse, la Russie, l'Azerbaidjan. En 1988 un conflit
s'éclate entre le Haut Karabagh et L'Azerbaidjan. Ce conflit
arméno-azerbaïdjanais a fait, en douze ans, plus de 35 000
morts et un million de réfugiés. Pour essayer de
répondre à cette interrogation je voudrais évoquer
deux aspects du conflit du Karabagh : l'aspect historique et l'aspect
juridique. Le point de départ du problème du Haut Karabagh est l'année 1918. La chute de l'Empire russe, auquel faisait partie le Karabagh provoque la proclamation de l'indépendance des Républiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan. Ces deux républiques
manifestent dès leur indépendance des revendications territoriales
à l'égard de la région du Karabagh. Ces revendications
territoriales font du Haut Karabagh le théâtre d'une guerre
implacable. En décembre 1920, après la soviétisation de l'Azerbaïdjan, les autorités de la République Socialiste Soviétique d'Azerbaïdjan, nouvellement créée, déclaraient renoncer à leurs prétentions sur les territoires litigieux et reconnaissaient officiellement le droit à l'autodétermination libre et totale du peuple du Haut Karabagh. Mais ce sont les bolcheviks russes qui, en 1921, ont décidé à leur façon du destin du Haut Karabagh. Hantés par l'idée de répandre "la révolution prolétarienne" dans l'Orient musulman, de fortifier le nouveau pouvoir de la R.S.S. d'Azerbaïdjan et d'exporter pacifiquement cette révolution vers la Turquie, ils rattachèrent, le 5 juillet 1921, par une décision juridiquement arbitraire du bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, présidé par Staline, le Haut Karabagh à l'Azerbaïdjan. Ainsi, le problème du Haut Karabagh n'a pas été résolu mais "gelé" pendant près de 70 ans. C'est pour cette raison que, dans le cadre d'un régime soviétique totalitaire, en dépit des persécutions qui se produisaient au gré des phases d'évolution de l'URSS, la grande majorité des Arméniens du Haut Karabagh ont protesté contre la politique nationaliste de Bakou. Il est important
de souligner que ces protestations étaient de nature pacifique
et conformes à la Constitution. Dirigeants et intellectuels se
présentaient avec lettres, suppliques et requêtes adressées
au pouvoir central de Moscou (en 1945, 1966, 1977) et demandaient de
reconsidérer une décision arbitraire et anticonstitutionnelle,
et de discuter la possibilité d'une intégration du Haut-Karabagh
au sein de l'Arménie. Je suis obligé de signaler avec regret que les efforts en vue d'un règlement mutuellement acceptable du conflit faits par le Haut Karabagh n'ont pas suscité de concessions réciproques de la part de l'Azerbaïdjan. Au mépris des orientations de l'évolution du monde contemporain et de l'organisation du nouvel ordre mondial, où la question des droits de l'homme et des peuples devient une priorité, les autorités de Bakou continuent d'imposer un blocus à l'Arménie et au Haut Karabagh et mènent une politique d'intolérance ethnique, sans cesser leur propagande anti arménienne ni leurs préparatifs pour résoudre le conflit par la force. Dans ce contexte, les propositions de Bakou de maintenir le Haut Karabagh au sein de l'Azerbaïdjan, même avec la plus large autonomie, selon l'expression consacrée, ne peuvent qu'être vouées à l'échec dès le départ et sont totalement inacceptables pour nous. Nous avons la conviction profonde qu'un Etat qui ne respecte pas les droits et les libertés de ses propres citoyens ce qui a été confirmé par la dernière session du Conseil de l'Europe ne peut garantir aux représentants d'autres nations le progrès et la sécurité. De fait, depuis
le début du conflit, la position de l'Azerbaïdjan n'a subi
aucune modification notable: c'est toujours le même mépris
des réalités et le refus de considérer le Karabagh
comme un sujet de droit. Et cela, alors que le Haut Karabagh est devenu
dans la région un facteur militaire et politique important et
a à son actif des réalisations significatives. Le dialogue est
la clé de la paix. Une politique étrangère équilibrée,
qui vise non à s'isoler des voisins mais au contraire à
promouvoir la coopération entre les protagonistes, en constitue
la pierre angulaire. C'est par cette approche qu'il sera possible d'exclure
le risque de reprise de la guerre et de résoudre pacifiquement
le conflit du Haut Karabagh. La tâche de la communauté
internationale dans cette affaire est d'apporter son soutien à
la réalisation de cet objectif, et surtout d'encourager les pays
qui se sont engagés dans la voie de la démocratisation
des institutions et de la construction de l'État de droit. La
démocratisation des pays transcaucasiens n'est pas seulement
une affaire purement interne à la région, c'est aussi
un facteur essentiel pour le règlement des conflits. C'est pourquoi
l'enracinement des valeurs démocratiques dans la région
reste nécessaire. Les peuples et les pays de Transcaucasie doivent
s'inspirer de l'expérience de l'Europe et entrer dans le XXIe
siècle en instaurant de nouvelles bases relationnelles. En premier
lieu, en se débarrassant du fardeau de la haine inter ethnique
et de la méfiance. Pour cela, il est indispensable de s'opposer
à toute tentative de retour à des concepts qui portent
en eux le germe des affrontements inter ethniques et peuvent ébranler
la paix et la sécurité internationales. Dans cette région
où les traditions démocratiques ne sont pas encore bien
ancrées et où des systèmes totalitaires perdurent,
le concept d'autonomie est en soi source de conflit. On élabore aujourd'hui de nouvelles normes et de nouvelles règles pour les relations internationales, destinées à garantir à tous les peuples et Etats le droit et la possibilité de défendre leur intérêt national. On peut observer le rôle croissant de l'éthique et des principes moraux dans la définition des priorités des relations internationales. De ce point de vue, la reconnaissance par la communauté internationale de la priorité de l'enracinement des valeurs démocratiques dans la région, du primat de l'individu sur l'Etat va tout à fait dans le sens des évolutions actuelles. |
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