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En
janvier 1990, de violents affrontements ethniques embrasent le Caucase
; à Bakou (capitale azerbaïdjanaise), des pogroms antiarméniens
sont perpétrés par des Azéris.
Le 20, la république autonome du Nakhitchevan, enclave azérie
en Arménie, proclame son indépendance.
Le 4 août, Levon Ter-Petrossian, un des dirigeants du Mouvement
national arménien, est élu président du Parlement
contre le candidat du Parti communiste.
Le 23 août, la république d’Arménie proclame
sa souveraineté (au total, sur les 15 républiques soviétiques,
5 ont déjà proclamé leur indépendance et 8
autres leur souveraineté).
Le 21 septembre 1991, les électeurs arméniens se prononcent
par référendum à 99,31 p. 100 en faveur de l’indépendance.
Le 16 octobre, Levon Ter-Petrossian est élu président de
la République avec 83 p. 100 des suffrages. Il représente
la ligne modérée.
Le 17 décembre 1994, l’ancien maire d’Erevan, Ambartsoum
Galastian, l’un des artisans de l’indépendance du pays,
qui dénonçait « l’État policier »
mis en place par le président Ter-Petrossian, est assassiné
dans la capitale. Cet attentat provoque la démission de nombreux
députés de l’opposition et aggrave encore le climat
politique.
Le 28 décembre, le Dachnak (nationaliste socialiste), principal
parti d’opposition, dont le président avait déjà
été expulsé en juillet 1992, est suspendu.
Le 5 juillet 1995, le Mouvement national arménien obtient 64 des
190 sièges du Parlement, lors des premières élections
législatives organisées depuis l’indépendance.
L’appui de nombre des 83 élus non inscrits assure une majorité
absolue au camp présidentiel. Les observateurs internationaux dénoncent
de nombreuses irrégularités, à commencer par l’interdiction
de participer au scrutin qui frappait 8 partis d’opposition, dont
le Dachnak.
Le même jour, les électeurs approuvent à 68 p. 100,
par référendum, un projet de Constitution qui accroît
les pouvoirs du chef de l’État.
Le 22 septembre 1996, le président Ter-Petrossian est réélu
à la tête de l’État dès le premier tour.
Son principal adversaire était son ancien Premier ministre Vazguen
Manoukian, candidat de l’opposition nationaliste, qui avait fait
campagne contre la corruption du pouvoir. Les observateurs de l’O.S.C.E.
dénoncent des fraudes qui ne remettent toutefois pas en cause les
résultats du scrutin. Des affrontements opposent, les jours suivants,
les forces de l’ordre appuyées par des chars à des
dizaines de milliers de manifestants qui protestent contre la fraude électorale.
Les chefs nationalistes sont arrêtés. Le calme revient à
la fin du mois. Le 22 novembre, la Cour constitutionnelle confirme les
résultats électoraux.
Le 20 mars 1997, le président de la République autoproclamée
du Haut-Karabakh (territoire azéri peuplé à 80 p.100
d’Arméniens), Robert Kotcharian, élu en novembre 1996,
est nommé Premier ministre d’Arménie après
la démission, pour raisons de santé, d’Armen Sarkissian.
Robert Kotcharian est l’artisan de la conquête militaire,
effectuée en 1992-1993, de la « zone de sécurité
» située entre l’Arménie et le Haut-Karabakh.
Le 3 février 1998, Levon Ter-Petrossian annonce sa démission
afin d’éviter la « déstabilisation du pays ».
Son départ était réclamé par l’opposition
nationaliste et jusque dans son propre camp. Il était accusé
d’avoir fait trop de concessions en approuvant le projet de règlement
par étapes du conflit du Haut-Karabakh – auquel l’Azerbaïdjan
est favorable – présenté en janvier par l’O.S.C.E.
Le 9, le gouvernement lève la mesure d’interdit qui pesait
depuis décembre 1994 sur le parti Dachnak (nationaliste radical),
principal parti d’opposition.
Le 30 mars, le Premier ministre Robert Kotcharian, ancien « président
» du Haut-Karabakh, remporte l’élection présidentielle.
Il bat largement Karen Demirtchian, ancien chef du Parti communiste dans
la république avant l’éclatement de l’U.R.S.S.
Les observateurs de l’O.S.C.E. dénoncent les nombreuses irrégularités
du scrutin.
Le 31 mai 1999, la coalition Miasnoutioun, formée notamment des
partisans du ministre de la Défense, Vazguen Sarkissian, et de
ceux de Karen Demirtchian, remporte les élections législatives
(41,2 p. 100 des suffrages et 55 sièges sur 131 au Parlement).
Le Parti communiste obtient 11 élus (12,1 p. 100 des voix) et le
Dachnak (nationaliste), 9 députés (7,7 p. 100 des suffrages).
Le 11 juin, Vazguen Sarkissian est nommé Premier ministre.
Le 27 octobre, un commando de cinq hommes armés investit le Parlement,
à Erevan. Il tue 8 personnes, dont le Premier ministre, Vazguen
Sarkissian, et le président du Parlement, Karen Demirtchian. Le
28, le commando libère les otages et se rend à la police,
sans que les motifs de l’opération apparaissent clairement. |
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En 1992, l’économie connaît un important déclin,
comme en 1991. Le pays se remet difficilement du séisme de 1988.
Les pénuries se multiplient sous l’effet du blocus imposé
par l’Azerbaïdjan depuis août 1989. La désintégration
de l’U.R.S.S. entraîne la fin de l’approvisionnement
en pétrole et l’Arménie subit les effets de l’inflation
galopante en Russie. Les autorités poursuivent leurs efforts de
réforme économique : le 5 janvier, les prix sont largement
libérés. La réforme agraire entreprise en 1991, qui
a porté sur 80 p. 100 des terres, a permis une augmentation de
15 p. 100 de la production agricole.
En 1993, l’aide financière reçue de la diaspora est
le seul atout dont bénéficie l’économie. L’électricité
n’est fournie que de 1 à 2 heures par jour. L’Arménie
n’a pas encore trouvé de débouchés capables
de remplacer les marchés de la Russie et de l’Ukraine, qui
absorbaient respectivement 60 p. 100 et 20 p. 100 de ses exportations.
Le conflit en Géorgie, son voisin du nord, a coupé l’unique
voie commerciale qui lui restait.
Le 22 novembre, une nouvelle monnaie, le dram, est introduite. La mise
en valeur des gisements de minerais attend les capitaux étrangers.
L’octroi d’un prêt de 12 millions de dollars par la
Banque mondiale est suspendu jusqu’à la fin des hostilités
dans le Haut-Karabakh.
En 1994, malgré la poursuite du conflit du Haut-Karabakh, le gouvernement
fait état de progrès substantiels dans le fonctionnement
de l’économie : la croissance s’affermit, l’inflation
diminue et la monnaie se stabilise.
Le 19 novembre, le Parlement adopte un nouveau programme de réformes
économiques prévoyant la libéralisation des prix,
la réduction du déficit budgétaire et l’accélération
des privatisations.
En 1995, l’Arménie conforte sa position de pays économiquement
le plus dynamique des ex-républiques de l’U.R.S.S. Seule
à s’être engagée aussi loin dans les réformes
– privatisation industrielle et foncière, notamment –,
elle connaît le plus fort taux de croissance de la C.E.I.
En octobre, la remise en service de la centrale nucléaire de Medzamor
doit réduire quelque peu les effets du blocus énergétique
imposé par l’Azerbaïdjan. Mais elle profite en priorité
à l’industrie et laisse inchangées les conditions
de vie très difficiles de la population qui ne survit que grâce
à l’aide de la diaspora.
En 1996, la bonne santé de l’économie se confirme,
même si les objectifs fixés par le F.M.I. ne sont pas atteints.
Le rééchelonnement de la dette avec le Turkménistan
permet la reprise des livraisons de gaz turkmène, un moment interrompues.
Les échanges avec les principaux partenaires – russe, turc
et iranien – sont en forte augmentation. Toutefois, le niveau de
vie de la population est encore inférieur à ce qu’il
était avant l’indépendance.
Aux dires même des dirigeants arméniens, 1997 est une année
de stagnation. Le taux de croissance se maintient, mais l’inflation
et le chômage augmentent et les performances économiques
sont en baisse. Les privatisations se poursuivent – en juin, le
gouvernement a annoncé la privatisation de quatorze grosses entreprises
–, mais elles ne suscitent pas l’émergence d’une
classe moyenne. Par ailleurs, le groupe russe Gazprom choisit de faire
passer par l’Arménie le gazoduc qui doit approvisionner la
Turquie.
En 1998, la croissance se maintient à un fort niveau en raison,
notamment, de la hausse des investissements attirés par des conditions
favorables. L’inflation est maîtrisée et le rythme
des privatisations reste élevé. Le seul point noir demeure
les répercussions possibles de la crise financière russe
sur les échanges avec l’Arménie.
L’année 1999 reste marquée par l’embellie économique
amorcée l’année précédente. La croissance
progresse et la maîtrise de l’inflation se confirme. Toutefois,
les investissements étrangers sont en baisse.
En 2000, les bons résultats de l’économie ne bénéficient
pas encore à la population. Les déficits du budget et de
la balance commerciale restent les points noirs de l’économie.
Les privatisations se poursuivent. Les échanges commerciaux diminuent
avec la Russie et se réorientent vers l’Union européenne.
En 2001, la croissance se maintient à un niveau satisfaisant, sans
toutefois permettre le comblement du déficit budgétaire.
La privatisation des réseaux de distribution de l’électricité,
exigée par le F.M.I., n’aboutit pas. La dette envers la Russie,
que Moscou se propose d’échanger contre des participations
dans les secteurs énergétique ou militaro-industriel, pèse
sur les relations, toujours actives, entre les 2 pays. |
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Le 30 avril 1991, l’armée soviétique donne l’assaut
à 2 villages arméniens isolés en terre azérie.
Ces interventions font plus de 30 morts parmi les Arméniens. Les
attaques par l’armée soviétique de villages arméniens
frontaliers de l’Azerbaïdjan se poursuivent jusqu’au
10 mai, provoquant l’indignation de la diaspora arménienne.
Le 23 septembre, à la suite de la médiation des présidents
russe et kazakh, un accord de cessez-le-feu est conclu entre l’Arménie
et l’Azerbaïdjan. Dans le Haut-Karabakh, qui réclame
depuis 1988 son rattachement à l’Arménie, les combats
entre Arméniens et Azéris ont fait 1 000 morts en 3 ans.
Le 21 décembre, à Alma-Ata (Kazakhstan), l’Arménie
entérine la disparition de l’U.R.S.S. et adhère à
la Communauté des États indépendants (C.E.I.) créée
le 8 à Minsk (Biélorussie).
Le 30 janvier 1992, admission à la C.S.C.E.
Le 20 février, négociations à Moscou entre l’Arménie
et l’Azerbaïdjan : la C.S.C.E. et l’O.N.U. peuvent jouer
un rôle dans le règlement du conflit.
Le 2 mars, admission à l’O.N.U.
Le 8 mai, à Téhéran (Iran), les présidents
arménien et azerbaïdjanais signent un nouvel accord en vue
de mettre fin au conflit du Haut-Karabakh. Le cessez-le-feu n’est
pas respecté. Le 18, les forces séparatistes arméniennes
ouvrent un corridor entre l’Arménie et le Haut-Karabakh.
Le 15 mai, à Tachkent (Ouzbékistan), l’Arménie,
la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et
le Turkménistan signent un « pacte de sécurité
collective ».
Le 9 août, alors que la contre-offensive azérie se consolide,
Levon Ter-Petrossian appelle à l’aide les 5 autres États
de la C.E.I. signataires du « pacte de sécurité collective
». Le 14, à Erevan, l’opposition demande la démission
du président après les défaites arméniennes
dans le Haut-Karabakh. Levon Ter-Petrossian a toujours prôné
un règlement politique du conflit et refusé de reconnaître
l’indépendance du Haut-Karabakh.
Le 24 septembre 1993, 9 des 11 États de la C.E.I., dont l’Arménie,
signent un accord-cadre qui ouvre la voie à une union économique
et monétaire, dans laquelle la Russie doit disposer d’un
rôle prépondérant.
Le 24 octobre, poursuivant leur offensive, les forces arméniennes
du Haut-Karabakh s’emparent de la région de Zangelan, ce
qui leur permet de contrôler tout le sud-ouest de l’Azerbaïdjan.
Des milliers de réfugiés azéris fuient l’avancée
des Arméniens.
Au début de l’année 1994, les combats s’intensifient.
Un accord de cessez-le-feu est signé le 18 février à
Moscou par les ministres de la Défense d’Arménie,
d’Azerbaïdjan et un représentant du Haut-Karabakh sous
l’égide du ministre russe de la Défense.
L’année 1996 est marquée par un développement
de la coopération militaire avec la Russie, dont l’Arménie
reste le plus fiable allié dans la région. En février,
Erevan et Moscou signent un accord sur la surveillance de la frontière
entre l’Arménie et la Turquie.
En mai, les 2 pays prévoient de créer une force commune
destinée à être déployée en Transcaucasie.
Le 29 mai 1998, l’Assemblée nationale française adopte,
à l’unanimité, une proposition de loi aux termes de
laquelle « la France reconnaît publiquement le génocide
arménien de 1915 ».
Le 8 novembre 2000, le pays devient membre à part entière
du Conseil de l’Europe.
Le 18 janvier 2001, le Parlement français adopte définitivement
la proposition de loi reconnaissant le génocide de 1915.
Du 25 au 27 septembre, Jean-Paul II se rend en Arménie. Évoquant
le conflit avec l’Azerbaïdjan au sujet de l’enclave du
Haut-Karabakh, le pape prône, dès son arrivée, la
« recherche urgente de la paix au niveau régional ».
Il est accueilli par Karékine II, catholicos de l’Église
orthodoxe arménienne, qui ne dépend pas de Moscou. Le 26,
Jean-Paul II visite le mémorial du génocide de 1915, à
Erevan. Le 27, à Etchmiadzine, capitale religieuse du pays, il
participe aux cérémonies du dix-septième centenaire
du « baptême » de l’Arménie, première
nation officiellement christianisée. Il lance à cette occasion
un nouvel appel au rapprochement des Églises d’Orient et
d’Occident.
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